Réunie en Assemblée plénière extraordinaire du 18 au 20 juin 2026 à Kinshasa, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a livré un message d’une rare fermeté sur la situation sécuritaire, sociale et politique du pays.
Sous le thème évocateur « Dressons nos fronts, prenons le plus bel élan », les évêques catholiques alertent sur ce qu’ils qualifient de menace grave pesant sur l’avenir de la République.
Dans leur déclaration consultée ce samedi par lehautpanel.com, les prélats dressent un tableau préoccupant du pays : persistance des conflits armés à l’Est, expansion des groupes armés, aggravation de la crise humanitaire, difficultés sociales persistantes malgré certains investissements publics, mais aussi montée des tensions politiques autour du débat sur un éventuel changement de la Constitution.
La CENCO estime que toute tentative de modification des dispositions constitutionnelles jugées intangibles ouvrirait une période d’incertitude politique susceptible de fragiliser davantage l’unité nationale. Les évêques mettent en garde contre les risques de fractures sociales, de tensions communautaires et d’instabilité dans un contexte déjà marqué par l’insécurité.
Tout en reconnaissant certains efforts gouvernementaux dans les infrastructures et les programmes sociaux, l’Église catholique appelle les autorités à recentrer les priorités nationales sur la paix, le bien-être social, la cohésion nationale et le respect du cadre constitutionnel.
Dans son message adressé au Président de la République, à la population, aux acteurs pastoraux ainsi qu’à la communauté internationale, la CENCO appelle à la vigilance citoyenne et à la défense des mécanismes démocratiques par des moyens légaux et pacifiques.
En conclusion, les évêques réaffirment leur conviction que seul le dialogue national, dans un esprit de négociation et de responsabilité collective, permettra de préserver la stabilité du pays et de consolider durablement la paix en République démocratique du Congo.
Le Hautpanel
