Le Président français Emmanuel Macron et la Présidente du Conseil des ministres d’Italie, Giorgio Meloni, ont tenu ce jeudi 25 juin 2026, le 36ᵉ sommet franco-italien, à Antibes, sur la Côte d’Azur dans le sud de la France.
Paris et Rome ont confirmé la montée en puissance d’un axe politique et stratégique structurant au sein de l’Union européenne.
À travers une déclaration conjointe dense et multithématique, les deux capitales affichent une volonté claire : transformer leur coopération bilatérale en un levier d’influence capable d’orienter les grandes décisions européennes et de répondre aux bouleversements géopolitiques mondiaux.
Dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, les tensions persistantes au Moyen-Orient et la recomposition des rapports de force énergétiques et industriels, la France et l’Italie entendent accélérer la construction d’une Europe plus souveraine, plus compétitive et mieux intégrée.
Le Traité du Quirinal, signé en 2021, apparaît plus que jamais comme la colonne vertébrale de cette convergence stratégique.
Au-delà des déclarations d’intention, le sommet met en lumière une ambition structurée autour de plusieurs axes majeurs. Sur le plan géopolitique, les deux États réaffirment leur soutien à l’Ukraine, leur volonté de renforcer la pression économique sur la Russie et leur engagement en faveur d’une stabilité durable en Méditerranée et au Moyen-Orient.
L’approche adoptée combine fermeté diplomatique, coopération militaire renforcée et coordination accrue au sein des enceintes multilatérales telles que l’OTAN, le G7 et les Nations unies.
Sur le plan économique et industriel, Paris et Rome défendent une stratégie commune de réindustrialisation européenne.
L’accent est mis sur les secteurs jugés stratégiques : automobile, aéronautique, énergie, semi-conducteurs et technologies bas carbone. Les deux pays plaident également pour un assouplissement des règles européennes en matière d’aides d’État afin de soutenir l’investissement dans les filières d’avenir et de préserver la compétitivité face aux grandes puissances économiques mondiales.
La dimension énergétique occupe une place centrale dans cette nouvelle feuille de route. Face à la volatilité des marchés et aux tensions géopolitiques, la France et l’Italie misent sur une diversification des sources d’approvisionnement et sur un mix énergétique intégrant pleinement le nucléaire civil et les énergies renouvelables.
Le développement des réseaux électriques et des interconnexions européennes est présenté comme un enjeu stratégique de résilience collective.
Enfin, la déclaration consacre une attention particulière à l’Afrique, considérée comme un espace clé de stabilité, de croissance et d’influence. Les deux pays entendent y coordonner davantage leurs initiatives de développement, de sécurité et d’investissement, en articulation avec les politiques européennes et les partenaires africains.
La question migratoire, quant à elle, demeure un sujet central de coopération, avec une volonté affichée de renforcer les dispositifs de contrôle, de retour et de partenariat avec les pays d’origine et de transit.
À travers ce sommet, la France et l’Italie ne se contentent pas de consolider leur relation bilatérale : elles cherchent à structurer un pôle de القيادة européenne capable de peser dans un monde en mutation rapide. Une ambition qui illustre la volonté des deux pays de passer d’une coopération historique à une véritable alliance d’influence au cœur de l’Union européenne.
Le Hautpanel
