La confrontation entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran pourrait franchir un nouveau seuil d’escalade.
Alors que Donald Trump laisse planer la possibilité de nouvelles frappes contre l’Iran, les autorités iraniennes menacent désormais de s’en prendre aux installations énergétiques, aux centres de données et aux infrastructures liées à l’intelligence artificielle associées aux intérêts américains dans sept pays du Golfe.
Le ton monte dangereusement entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Dans un entretien accordé jeudi 22 octobre 2026 à la chaîne publique iranienne Press TV, Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a averti que Téhéran pourrait élargir considérablement ses cibles en cas de reprise des hostilités avec Washington et Tel-Aviv.
Selon le responsable iranien, les installations énergétiques, les câbles de communication sous-marins, les centres de données et les infrastructures d’intelligence artificielle liés aux investissements américains dans la région pourraient être visés.
Il évoque plus de 2 000 milliards de dollars d’infrastructures technologiques américaines ou associées aux intérêts des États-Unis susceptibles d’être exposées à des représailles.
« Nous n’avons pas encore intégré ces actifs dans notre liste de cibles. Mais si la guerre éclate, de nombreuses installations seront détruites », a-t-il averti, laissant entrevoir une extension du conflit au-delà des objectifs militaires traditionnels.
Dans un autre entretien accordé au média Drop Site, Mohsen Rezaei a également affirmé que l’Iran avait transmis sept conditions par l’intermédiaire de médiateurs.
Téhéran conditionnerait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et la reprise des négociations à la satisfaction de ces exigences.
Le responsable iranien a par ailleurs prévenu que la persistance des tensions pourrait provoquer une instabilité durable des marchés énergétiques mondiaux, susceptible de se prolonger pendant trois ans.
Trump assume le coût politique de la guerreDu côté américain, Donald Trump ne ferme pas la porte à une nouvelle intervention militaire.
Interrogé à la Maison-Blanche sur les conséquences de la guerre à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre, le président américain a reconnu que son offensive contre l’Iran pouvait avoir un coût politique intérieur.
Tout en reconnaissant les divisions au sein de l’électorat américain, il a défendu les opérations militaires menées contre Téhéran, estimant qu’elles auraient dû être entreprises depuis longtemps par ses prédécesseurs.
« Nous ne pouvons pas laisser l’Iran posséder une arme nucléaire », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que les États-Unis pourraient poursuivre leurs frappes.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par les attaques américaines et israéliennes du 28 février 2026 contre des installations militaires, civiles et nucléaires iraniennes.
Ces opérations, baptisées « Operation Epic Fury » par Washington, ont notamment entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei, de plusieurs hauts responsables iraniens et de nombreux civils.
En représailles, l’Iran a lancé des attaques de missiles et de drones contre des cibles israéliennes et des intérêts américains dans le Golfe, tout en perturbant à plusieurs reprises le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Le détroit d’Ormuz, au cœur des inquiétudes mondialesMalgré un mémorandum d’entente conclu en juin au Pakistan dans le but de mettre fin aux hostilités et de rétablir la circulation commerciale, les divergences entre les parties ont empêché une stabilisation durable de la situation.
Les tensions continuent ainsi de peser sur les marchés internationaux, avec une hausse des prix du pétrole brut et des carburants.
Une nouvelle vague de frappes pourrait aggraver les perturbations des approvisionnements énergétiques et fragiliser davantage les économies dépendantes des importations d’hydrocarbures.
Sur le plan politique, Donald Trump doit également composer avec une opinion publique américaine divisée. Plusieurs sondages réalisés en octobre situent sa cote de popularité entre 30 et 36 %, sur fond de mécontentement concernant la gestion économique, le coût de la vie et l’engagement militaire contre l’Iran.
Entre menaces de représailles iraniennes, éventualité de nouvelles frappes américaines et vulnérabilité des infrastructures stratégiques du Golfe, le conflit menace désormais de dépasser le cadre d’une confrontation militaire régionale pour provoquer des répercussions économiques et technologiques à l’échelle mondiale.
Le Hautpanel
