Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, monte au créneau face aux déclarations de Félix Tshisekedi sur la Constitution.
L’activiste des droits humains dénonce une contradiction politique majeure dans le discours du chef de l’État, qui affirme ne pas aimer la Constitution tout en exerçant un pouvoir dont la légitimité découle précisément de ce texte fondamental.
Pour le président de l’ASADHO, vouloir conserver les prérogatives de la présidence de la République tout en contestant la légitimité du texte qui confère cette fonction relève d’une incohérence politique profonde.
Il qualifie cette posture d’« escroquerie politique », estimant qu’on ne peut pas revendiquer les avantages d’un ordre constitutionnel tout en remettant en cause ses fondements.
Au-delà de la polémique, Jean-Claude Katende met en garde contre les conséquences d’une telle conception du pouvoir.
À ses yeux, banaliser le respect de la Constitution revient à ouvrir la voie à un système où la force prend le dessus sur le droit, où la volonté d’un dirigeant risque de se substituer aux règles communes.« Un tel argument montre qu’on va vers la jungle où le plus fort impose sa logique, même quand elle ne tient pas la route », déplore-t-il.
Cette sortie relance le débat sur le rapport entre le pouvoir politique, la légalité constitutionnelle et les ambitions de réforme institutionnelle en République démocratique du Congo.
Elle pose une question fondamentale : peut-on prétendre diriger un État de droit tout en affichant des réserves à l’égard du texte qui fonde et encadre l’exercice du pouvoir ?
Pour Jean-Claude Katende, la réponse est sans équivoque : la Constitution ne doit pas être soumise aux humeurs des dirigeants ; ce sont les dirigeants qui doivent se soumettre à la Constitution.
Le Hautpanel
