Le BCNUDH recense 491 violations et atteintes aux droits humains en un mois, avec au moins 1 264 victimes. L’Est de la République démocratique du Congo (RDC) demeure l’épicentre des violences, tandis que les déplacements internes atteignent 6,1 millions de personnes.
La situation des droits de l’homme reste particulièrement préoccupante en RDC. Dans son rapport sur les principales tendances du mois d’août 2026, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) fait état de 491 violations et atteintes aux droits humains, ayant fait au moins 1 264 victimes, dont 670 hommes, 358 femmes et 119 enfants.
Ce bilan représente une augmentation de 6 % par rapport au mois de juillet, durant lequel 464 violations avaient été documentées.
Cette détérioration est principalement liée à la persistance des conflits armés dans l’Est du pays, particulièrement en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où les attaques des groupes armés contre les populations civiles et les affrontements avec les forces étatiques continuent de faire des victimes.
Parallèlement, la crise humanitaire s’aggrave. Le nombre de personnes déplacées internes est passé de 5,8 millions à la fin de juillet à 6,1 millions à la fin du mois d’août 2026.
Les violences sexuelles en forte progression
L’un des chiffres les plus alarmants du rapport concerne les violences sexuelles liées au conflit (VSLC). Le BCNUDH a recensé au moins 65 incidents ayant touché 230 victimes, parmi lesquelles 166 femmes et 64 filles. Une hausse spectaculaire de 202 % par rapport à juillet, où 76 victimes avaient été enregistrées.
Le Bureau onusien signale également 95 victimes de violences sexuelles attribuées à l’AFC/M23 entre décembre 2025 et mai 2026 dans les villages de Ndolera, Lubarika, Kiringye et Luvungi, dans le territoire d’Uvira.
Par ailleurs, la situation demeure préoccupante même dans les provinces non affectées par les conflits armés. Le BCNUDH y a documenté 79 violations et atteintes aux droits humains, contre 47 en juillet, soit une progression de 68 %.Les agents de la Police nationale congolaise (PNC) sont mis en cause dans 36 cas, suivis des militaires des Forces armées de la RDC (FARDC), avec 25 cas, et d’autres agents de l’État, avec 14 cas.
L’espace civique et la protection des défenseurs sous pression
S’agissant de l’espace civique, 15 violations et atteintes ont été documentées, faisant autant de victimes. Douze cas sont imputés à des agents de l’État, notamment à la PNC, aux FARDC et à l’Agence nationale de renseignements (ANR), tandis que trois autres sont attribués au M23.
Le rapport fait également état de 16 cas de menaces et d’atteintes à la protection individuelle ayant concerné 26 personnes, dont 24 défenseurs des droits humains et deux journalistes.
Ces derniers ont bénéficié d’une assistance destinée à renforcer leur sécurité.
Six procédures judiciaires et trois condamnations à mort
Sur le front de la lutte contre l’impunité, les tribunaux militaires ont examiné six procédures impliquant cinq militaires des FARDC et un agent de la PNC.
Ces affaires ont abouti à des condamnations pour des infractions constitutives de violations des droits humains. Trois militaires des FARDC ont, par ailleurs, été condamnés à la peine de mort au cours de la période considérée.À travers ces données, le BCNUDH met en lumière l’ampleur des défis auxquels la RDC reste confrontée en matière de protection des populations civiles, de respect des libertés fondamentales et de lutte contre l’impunité.
Le Hautpanel
