En déplacement à Moscou, en Russie, dans le cadre du 3e sommet Russie-Afrique, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a défendu son bilan en matière de droits de l’homme et rejeté les accusations de dictature formulées par ses adversaires politiques.
Devant la diaspora congolaise, le chef de l’État s’est également exprimé vendredi 30 octobre 2026 sur l’affaire Manassé Lomboto, dont le décès est à l’origine de l’interpellation de l’opposant Prince Epenge.
S’exprimant en lingala, l’une des quatre langues nationales de la RDC, Félix Tshisekedi a soutenu que Manassé Lomboto, proche et membre du parti ADD Congo dirigé par Prince Epenge, serait décédé des suites d’une maladie. Il a ainsi rejeté les accusations mettant en cause son régime dans cette affaire, estimant que ce décès est instrumentalisé pour discréditer son pouvoir.
Cette version présidentielle intervient alors que Prince Epenge avait affirmé que le jeune Manassé Lomboto avait été victime de violences physiques, lors d’une marche de l’opposition. C’est notamment autour de ces déclarations et de la nécessité d’établir les circonstances exactes du décès que s’inscrit l’interpellation de l’opposant.
Pour défendre son bilan sécuritaire et politique, Félix Tshisekedi a également opposé sa gestion des manifestations à celle de son prédécesseur, Joseph Kabila, rappelant les morts enregistrées lors de certaines manifestations sous l’ancien régime, y compris dans des lieux de culte.
« Moi, un dictateur ? Moi, devenir un tyran ? Celui qui a tué des gens, même dans des églises, sans avoir peur de la sacralité du temple de Dieu », a-t-il lancé, rejetant les accusations de violations des droits de l’homme portées contre son administration.
Abordant directement le cas de Prince Epenge, le président de la République a justifié son arrestation par la nécessité de l’entendre sur les faits et de faire la lumière sur cette affaire. Pour lui, l’appartenance à l’opposition ne constitue pas une immunité face aux exigences de la justice.
« Sous mon régime, il n’y a pas eu de morts d’homme, après plusieurs marches de l’opposition. Pourtant, ils [les opposants] veulent nous imputer le décès d’un monsieur qui serait mort des suites d’une maladie. Comme nous connaissons la personne à l’origine de cette déclaration, nous l’avons interpellée afin qu’elle vienne s’expliquer, alors qu’elle s’apprêtait à se rendre en Europe. Ils crient maintenant à l’arrestation des opposants. Ça veut dire que si tu es opposant, tu peux mentir, insulter, mais lorsqu’on te demande des comptes, tu dis que tu es opposant ? Non », a déclaré Félix Tshisekedi.
Pour rappel, Prince Epenge, président d’ADD Congo, cadre de la C64 et porte-parole de Lamuka, a été interpellé le 25 octobre 2026 à l’aéroport international de N’djili, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Rome pour participer au conclave de la C64. Après son passage dans les locaux de la Direction générale de migration (DGM) et du Conseil national de cyberdéfense, il a été transféré au parquet, puis à la prison centrale de Makala.
Sa demande de mise en liberté provisoire a été rejetée par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, alors que l’instruction préjuridictionnelle se poursuit.
Le Hautpanel
