L’opposant politique Prince Epenge Wemakoko, président du parti ADD Congo et porte-parole de la coalition Lamuka, a été transféré à la prison centrale de Makala, ce samedi 31 octobre 2026, après le rejet de sa demande de mise en liberté provisoire par le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. L’information a été confirmée par son avocat, Clément Muza, qui dénonce une décision prise sans notification préalable à la défense.
« Nous n’avons pas été signifiés. On l’avait amené hier en chambre du conseil. Le tribunal ne lui a pas accordé la liberté provisoire. Et aujourd’hui, ils ont décidé de l’envoyer à Makala », a déploré l’avocat, membre du collectif chargé de sa défense.
Ce transfèrement suscite une vive indignation au sein de l’opposition. Le secrétaire général de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé), Devos Kitoko, y voit une atteinte au combat démocratique en République démocratique du Congo. Dans une réaction publiée sur le réseau social X, il estime que cette décision constitue un « précédent grave », susceptible, selon lui, de renforcer l’idée que le recours aux armes serait le seul moyen de se faire respecter.
De son côté, l’opposant Martin Fayulu a vivement condamné l’incarcération de son compagnon politique. Il dénonce l’envoi de Prince Epenge dans une prison qu’il décrit comme un « mouroir », évoquant notamment la surpopulation chronique de l’établissement pénitentiaire de Makala. Le président de l’ECIDé exige sa libération immédiate.
« Alors que la prison centrale de Makala, déjà surpeuplée, n’accueille plus de nouveaux détenus, les tyrans de Kinshasa s’acharnent sur Prince Epenge, président d’ADDCONGO, porte-parole de Lamuka et membre de la C64, en l’envoyant dans ce mouroir. Prince Epenge n’a pas sa place à Makala ! », a écrit Martin Fayulu sur son compte X.
À l’origine de cette affaire, l’arrestation de Prince Epenge, dimanche dernier, à l’aéroport international de N’djili, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol à destination de Rome pour participer au conclave de la Coalition Article 64 (C64). Après avoir été momentanément porté disparu, selon son parti, il avait été localisé au Conseil national de cyberdéfense (CNC), où il aurait été auditionné avant son transfert au parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe.
L’opposant est notamment poursuivi pour propagation de faux bruits, dans le cadre de l’enquête sur la mort de Manassé Lomboto, responsable de la sécurité d’ADD Congo, tué lors de la marche de l’opposition organisée le 15 septembre dernier à Kinshasa.
Âgé de 25 ans, Manassé Lomboto repose toujours à la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire, dans l’attente des conclusions des enquêtes judiciaires annoncées. La coalition C64 met en cause des membres de la Force du progrès de l’UDPS dans sa mort, une accusation qui devra être établie par les investigations judiciaires.
Alors que la défense entend poursuivre les démarches pour obtenir la libération de Prince Epenge, son transfèrement à Makala ouvre un nouveau front de contestation entre le pouvoir et l’opposition, sur fond de tensions politiques et de préoccupations autour du respect des droits de la défense et des garanties judiciaires en RDC.
Le Hautpanel
