La Haute Cour du Kenya a suspendu, à titre conservatoire, la mise en œuvre d’un dispositif de quarantaine lié à la prise en charge de cas d’Ebola, dans le cadre d’un accord de coopération internationale impliquant les États-Unis. Le juge a également interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute admission de personnes ayant été exposées ou infectées par le virus dans le cadre de cet arrangement, dans l’attente de l’examen d’un recours prévu le 2 juin.
Cette décision intervient à la suite d’une action en justice introduite par une organisation kényane de défense des droits humains, qui dénonce un accord jugé « secret » et contraire à la Constitution. Le groupe soutient que toute mesure de ce type, touchant à la santé publique et à la liberté de circulation, doit faire l’objet d’un encadrement légal transparent et d’un contrôle parlementaire.
Dans un contexte régional marqué par la vigilance sanitaire, la République du Kenya a réaffirmé sa position officielle à travers un communiqué du ministère de la Santé. Nairobi souligne que toute coopération internationale en matière de santé publique doit respecter strictement le cadre juridique national ainsi que les normes de biosécurité et de santé publique en vigueur.
Le gouvernement met en avant ses efforts continus en matière de surveillance épidémiologique, notamment le renforcement des contrôles aux points d’entrée, l’activation du système national de gestion des incidents sanitaires et la coordination avec les comtés et partenaires internationaux. Selon les autorités, plus de 55 000 voyageurs ont été dépistés et dix cas suspects testés, tous négatifs.
Tout en réaffirmant son engagement dans la coopération internationale, notamment avec les États-Unis, Nairobi insiste sur une ligne rouge : la protection des citoyens, des personnels de santé et le respect de la souveraineté sanitaire du pays.
L’audience du 2 juin devrait être déterminante pour clarifier la légalité de l’accord contesté et l’équilibre entre impératifs de sécurité sanitaire internationale et garanties constitutionnelles nationales.
Le Hautpanel
