La marche organisée vendredi à Kinshasa en faveur d’un changement de la Constitution s’est achevée dans un climat de tension et de frustration. À l’issue de la manifestation, l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia a vivement dénoncé ce vendredi 5 juin 2026 qu’il qualifie de « sabotage » de l’événement, après la modification de dernière minute du lieu prévu pour la clôture du rassemblement.
Selon les organisateurs, le cortège devait initialement converger vers le Palais du Peuple, où un important dispositif logistique avait déjà été déployé, notamment la sonorisation, les instruments de musique et les installations destinées aux allocutions finales. Cependant, un ordre intervenu peu avant l’arrivée des manifestants aurait contraint les organisateurs à déplacer le point de chute vers un terrain situé à proximité du Stade des Martyrs.
Cette décision, jugée soudaine et insuffisamment expliquée par les responsables de la marche, aurait provoqué une importante désorganisation. De nombreux participants, désorientés par le changement d’itinéraire et de destination, se sont dispersés avant la fin de la manifestation.
Visiblement remonté, Évariste Ejiba Yamapia a estimé que cette mesure avait pour objectif de réduire l’impact politique et populaire de l’événement. « Nous avions tout préparé pour terminer au Palais du Peuple. Ce changement inattendu a créé la confusion et empêché de nombreux manifestants de participer à la clôture », a-t-il déclaré.
Au sein de l’organisation, certains responsables vont plus loin. Un membre du comité organisateur, sous couvert d’anonymat, affirme que l’ampleur de la mobilisation observée notamment aux abords du rond-point Sendwe et sur le boulevard Lumumba, dans la commune de Limete, aurait suscité des inquiétudes ayant conduit à cette décision. « Ils ont vu une foule importante et ont préféré saboter l’événement », a-t-il soutenu.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités compétentes n’était disponible pour expliquer les raisons de ce changement de dernière minute. En attendant, les organisateurs promettent de tirer toutes les conséquences de cet incident, qu’ils considèrent comme une entrave à l’expression démocratique.
Cette marche s’inscrivait dans le débat grandissant autour d’une éventuelle révision de la Constitution, une question qui continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo.
Le Hautpanel
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