Les sanctions imposées par les États-Unis contre le Rwanda commencent à produire des résultats sur le terrain, selon le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Auditionné devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le chef de la diplomatie américaine a affirmé jeudi 4 juin 2026 que Kigali montre désormais des signes de respect de l’Accord de Washington conclu avec la République démocratique du Congo pour mettre fin à l’instabilité persistante dans l’Est du pays.
« En ce qui concerne la RDC et le Rwanda, ils ont signé un accord de paix. Malheureusement, celui-ci n’est pas bien respecté. Nous avons dû imposer quelques sanctions. Du côté rwandais, nous commençons à observer un certain respect de l’accord », a déclaré Marco Rubio.
Cette déclaration intervient alors que Washington intensifie sa pression diplomatique pour obtenir une désescalade durable dans la région des Grands Lacs. Le secrétaire d’État américain a indiqué que les États-Unis espèrent voir le retrait des troupes rwandaises de l’Est de la RDC se concrétiser d’ici la mi-août.
« Les choses avancent pas assez vite, certes, mais nous espérons que le retrait des troupes rwandaises de la région sera effectif d’ici le milieu du mois prochain. Bien sûr, il reste le problème du M23 à régler », a-t-il ajouté.
Le défi persistant de l’AFC/M23
Si l’Accord de Washington constitue le cadre principal de normalisation entre Kinshasa et Kigali, la question de la rébellion AFC/M23 demeure l’un des principaux obstacles à la paix. Le mouvement rebelle est engagé dans les négociations de Doha sous la médiation du Qatar, un processus considéré comme complémentaire à l’accord soutenu par l’administration américaine.
Malgré les engagements pris, la RDC et le Rwanda continuent de s’accuser mutuellement de violations des clauses de l’accord, tandis que les affrontements et les tensions sécuritaires persistent dans plusieurs zones de l’Est congolais.
Des sanctions américaines renforcées
Pour contraindre les acteurs impliqués à respecter les engagements de paix, les États-Unis ont multiplié les sanctions ces derniers mois. En février, Washington avait ciblé le général rwandais à la retraite James Kabarebe ainsi que Laurence Kanyuka pour leur implication présumée dans les activités de la rébellion dans l’Est de la RDC.
Quelques semaines plus tard, l’administration américaine a élargi ces mesures en sanctionnant les Rwanda Defence Force ainsi que quatre de ses hauts responsables militaires, dont le chef d’état-major.
Ces mesures constituent l’un des principaux leviers utilisés par Washington pour favoriser l’application des engagements sécuritaires et créer les conditions d’une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le Hautpanel
