L’Église du Christ au Congo (ECC) poursuit ses consultations sur la question sensible de la révision ou du changement de la Constitution de la République démocratique du Congo. Réunie dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’institution protestante a reçu vendredi 5 juin 2026 les principaux acteurs impliqués dans ce débat qui divise la classe politique congolaise.
Parmi les personnalités auditionnées figuraient le professeur André Mbata et Augustin Kabuya, représentants de la majorité au pouvoir, le camp favorable à une réforme constitutionnelle, ainsi que de l’opposant Martin Fayulu, de la Coaltion contre le changement de la constitution (C64). Chacun a présenté ses arguments devant les responsables de l’ECC, appelés à formuler une position officielle attendue par de nombreux observateurs.
Les partisans du changement estiment que la Constitution actuelle impose des contraintes excessives à l’action du chef de l’État et aux institutions. Ils défendent ainsi l’idée d’une révision susceptible d’adapter le fonctionnement des pouvoirs publics aux réalités actuelles du pays.
À l’inverse, Martin Fayulu a réaffirmé son opposition à toute modification de la loi fondamentale, soutenant qu’une telle initiative serait contraire aux dispositions constitutionnelles dans le contexte de conflit armé que traverse le pays.
L’ECC, dont l’influence dépasse largement le cadre religieux et qui demeure l’une des voix les plus écoutées de la société civile congolaise, a été sollicitée par plusieurs organisations nationales et internationales afin de contribuer au débat. Ses propres communautés membres ont également demandé qu’elle se prononce sur cette question.
Les travaux du Comité exécutif national se déroulent depuis le 4 juin à la Cathédrale du Centenaire Protestant de Kinshasa. Les délibérations doivent se poursuivre jusqu’à la clôture de la session, prévue ce dimanche 7 juin 2026.
La déclaration finale de l’ECC est particulièrement attendue dans un contexte politique marqué par des divergences profondes sur l’avenir institutionnel du pays. Son avis pourrait contribuer à orienter le débat national autour de la Constitution et de ses éventuelles réformes.
Le Hautpanel
