Le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’est dit préoccupé quant à l’évolution de la situation politique en République Démocratique du Congo.
Dans son rapport datant du 17 Septembre dernier, Antonio Guterres a noté l’accentuation des tensions entre les groupes politiques et les membres de la société civile, au sujet des réformes électorales en prévision du scrutin prévu pour 2023.
« Les tensions se sont accentuées entre les groupes politiques et les membres de la société civile, au sujet des réformes électorales en prévision du scrutin prévu pour 2023, tandis que le Gouvernement de coalition de l’Union sacrée de la nation (USN) passait le cap des 100 premiers jours.
Le 3 juillet, le Président, Félix Tshisekedi, a promulgué la loi portant réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Par la suite, l’Assemblée nationale a publié le calendrier concernant la procédure de désignation du Bureau et des membres pléniers.
Le 4 août, le Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a engagé les parties prenantes à désigner les membres de la CENI, tout en reconfirmant que le recensement prévu ne serait pas une condition préalable à la tenue des élections.
La Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique, qui soumet à l’Assemblée nationale le nom du candidat proposé à la présidence de la CENI, n’était toutefois pas parvenue à un consensus en la matière au 17 août, comme envisagé dans le calendrier, ce qui a retardé la procédure.
Par conséquent, des jeunes non identifiés, dénonçant la position catholique et protestante, ont manifesté leur hostilité le 1er août, à la résidence de l’Archevêque de Kinshasa, le Cardinal Fridolin Ambongo, suscitant une condamnation généralisée de l’ensemble de la classe politique et sociale. De surcroît, des membres de l’opposition et de la majorité ont posé comme condition à la désignation des candidats un consensus inclusif sur les réformes électorales, tandis que plusieurs organisations de la société civile réclamaient la dépolitisation de la CENI.
Le 8 juillet, le député Cerveau-Pitshou Nsingi (USN) a déposé au Bureau de l’Assemblée nationale une proposition de loi modifiant et complétant la loi sur la nationalité de 2004, visant à réserver certaines fonctions régaliennes aux Congolais de père et de mère. Des figures politiques et des membres de la société civile ont interprété la proposition de loi comme une menace à la cohésion et à la stabilité nationales, ainsi qu’une tentative d’exclure certaines personnalités politiques de l’élection présidentielle de 2023.
De même, les allégations portées contre le sénateur Augustin Matata Ponyo (indépendant) au sujet d’une mauvaise gestion des fonds publics, du temps où il était Premier Ministre, de 2012 à 2016, ont également été interprétées par certains acteurs politiques comme un moyen de neutraliser un éventuel candidat présidentiel.
Dans le cadre de ses bons offices, la Représentante spéciale du Secrétaire général a poursuivi ses concertations avec le Président, des membres du Gouvernement ou de l’Assemblée, des dirigeants politiques et des représentants de la société civile. Elles ont porté principalement sur la mise en place de processus électoraux et politiques crédibles, transparents, inclusifs, pacifiques et tenant compte des questions de genre, en prévision des élections de 2023 et en aidant le Gouvernement à remédier à l’insécurité, dans un contexte d’état de siège dans les provinces d’Ituri et du Nord-Kivu, et à lutter contre les propos de haine » , peut-on lire dans ce Rapport du Secrétaire Général des Nations –Unies, Antonio Guterres.
Le Hautpanel