Vingt-deux pays, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, le Japon, l’Australie, la Suède et la Suisse, ont exprimé leur vive inquiétude face à la dégradation continue de la situation humanitaire dans la bande de Gaza, tout en critiquant une nouvelle législation israélienne susceptible de restreindre les activités des organisations non gouvernementales internationales (INGO) dans les territoires palestiniens occupés.
Dans une déclaration conjointe publiée lundi 8 juin 2026, les signataires estiment que l’aide acheminée vers Gaza demeure largement insuffisante, tant en quantité qu’en qualité, alors que la quasi-totalité de la population dépend désormais d’une assistance vitale pour sa survie.
Les États signataires se disent particulièrement préoccupés par la décision récente de la Cour suprême israélienne de rejeter le recours introduit contre la loi sur l’enregistrement des ONG internationales.
Selon eux, cette législation risque de réduire considérablement la capacité opérationnelle des organisations humanitaires dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est.
« L’accès humanitaire n’est pas négociable », affirment les signataires, qui exhortent Israël à renoncer à l’application de cette loi dans sa forme actuelle.
Ils rappellent que les ONG internationales jouent un rôle central dans la fourniture de services essentiels tels que l’accès à l’eau potable, l’assainissement, les hôpitaux de campagne, l’éducation, la nutrition ainsi que les opérations de déminage.
La déclaration souligne également que cette loi s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures restrictives, comprenant notamment les limitations des horaires d’ouverture des points de passage, les restrictions à l’entrée de produits considérés comme à double usage et diverses contraintes administratives qui freinent la réponse humanitaire.
Tout en reconnaissant les préoccupations sécuritaires d’Israël, les 22 pays rappellent que l’État hébreu, en tant que puissance occupante à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, est tenu de respecter ses obligations en vertu du droit international humanitaire.
Ils insistent sur la nécessité de garantir un acheminement « sûr, rapide et sans entrave » de l’aide aux populations civiles.
Les signataires réaffirment enfin que toutes les organisations humanitaires reconnues internationalement, notamment les ONG internationales, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que les agences des Nations unies, doivent pouvoir exercer leurs missions sans obstacle afin de répondre à l’urgence humanitaire et soutenir les efforts de relèvement et de reconstruction dans les territoires palestiniens.
Le Hautpanel
