Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a vivement réagi aux critiques de l’opposition concernant l’accord de partenariat stratégique conclu entre Kinshasa et Washington.
Face à la communauté congolaise vivant à Moscou, le vendredi 30 octobre 2026, le chef de l’État a défendu ce rapprochement avec les États-Unis, tout en dénonçant ce qu’il considère comme des contradictions dans les positions de ses adversaires politiques.
Évoquant les avancées diplomatiques de son mandat, Félix Tshisekedi a rappelé que la signature de cet accord avait suscité de vives contestations, certains opposants l’accusant d’avoir bradé les intérêts nationaux au profit des Américains.
Il relève toutefois que des acteurs politiques qui rejetaient hier ce partenariat envisagent aujourd’hui de le maintenir s’ils accèdent au pouvoir.
« Nous avons noué un partenariat avec les États-Unis, le partenariat qu’eux-mêmes étaient en train de refuser et de rejeter, en disant que Félix Tshisekedi a vendu le pays. Aujourd’hui, ils commencent à dire qu’eux aussi, une fois aux affaires, ils vont également accepter ce partenariat. Mais finalement, j’ai vendu le pays ou j’ai aidé le pays à se relever ? », a déclaré le président congolais.
Dans la même intervention, le chef de l’État a accusé une partie de l’opposition de privilégier la distraction de la population plutôt que la défense de ses intérêts.
« Leur souci était de garder les Congolais dans la distraction et, entre-temps, eux étaient en train de régner », a-t-il ajouté.
Cette sortie intervient alors que l’accord de Washington continue de diviser la classe politique congolaise.
Réunie à Rome, en Italie, la coalition C64 a récemment affirmé que les engagements stratégiques conclus avec les États-Unis devaient être préservés, à condition qu’ils reposent sur des principes gagnant-gagnant et respectent la Constitution du 18 février 2006, particulièrement son article 220.
De son côté, l’ancien président Joseph Kabila, tout en exprimant de sérieuses réserves à l’égard du partenariat stratégique, a rappelé que les accords internationaux engagent les États et non les dirigeants qui les signent.
Selon lui, leur mise en œuvre relève du principe de continuité de l’État, indépendamment de la durée des régimes politiques au pouvoir.
Au-delà de cette controverse diplomatique, les divergences autour du partenariat RDC-USA s’inscrivent dans un climat politique marqué par les discussions sur le dialogue national initié par Félix Tshisekedi.
Présenté comme un cadre destiné à favoriser la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État, ce processus suscite néanmoins des réserves au sein de l’opposition, qui réclame des garanties sur son caractère inclusif et consensuel.
Sur le plan sécuritaire, cette bataille politique se déroule alors que les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha peinent encore à mettre fin aux hostilités dans l’est du pays, où les affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, se poursuivent.
La question du partenariat stratégique avec les États-Unis dépasse ainsi le simple cadre diplomatique, elle cristallise désormais les divergences sur la souveraineté nationale, la gestion des ressources stratégiques et la continuité des engagements internationaux de la RDC.
Le Hautpanel
